Mon coeur dans le blender

25 mai 2011

Pour entendre juste la murmurance de ta voix, une fois

où y fait noir, juste pour voir la petite brillance dedans tes yeux, un feu...

Je dis peut-être que c'est moi qui a des roches dans les yeux. Il me fait rire. Je voudrais tellement que ça se torde dans mon ventre, baisser les yeux, doucement, lentement. L'étincelle, tu sais?
Je l'embrasse, c'est doux. J'aime ça m'asseoir à califourchon sur ses cuisses et l'embrasser. Je suis juste une petite fille capricieuse. Il est doux. Il est charmant. Je l'aime bien. Je sais pas si je l'aime. Je sais pas ce que je veux.

Good times, good friends.

Parfois, j'ai juste envie d'écouter le silence. D'être seule. Ne pas ouvrir la bouche. Les oreilles pleine de silence. Off the grid. En montagne, en forêt, sur l'eau. Le silence. M'en va t'amener dans un désert grand comme la mer, te voir courir à perdre l'horizon. T'sé, te comprendre sans te parler? J'y arrive pas, Charlie, j'y arrive pas. Je sais pas ce qu'il y a dans ta tête. Je vois pas. J'aime t'embrasser, te toucher. J'aime être avec toi. On fait l'amour et tu perds tes moyens. Tu penses-tu qu'on va aller loin? Tu penses-tu qu'on va devenir quelque chose? Je trouve la base tellement pas solide, tellement croche, tu sais, comme si on construisait une maison neuve avec du bois déjà pourri.

Je voudrais avoir peur d'autre chose que de lui faire mal. Me sentir autrement que sale. Autrement qu'éteinte. T'as l'air éteinte, Anna, éteinte. Oui, peut-être un peu. Le feu, ça s'avive, non? Je m'ennuie, je m'ennuie. Je rêve d'espace, de dehors. Je veux aller toucher l'horizon. Tendre la main et cueillir les nuages.

...penses-tu qu'on va avoir le temps de s'aimer avant de se détruire?

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03 avril 2011

No matter what they say, I'm still the king

Presqu'un an après.

Je cherche encore à retrouver ce qu'on a perdu, ce qui a été volé à ma soeur et à son copain, leur petite vie tranquille. Je cherche des souvenirs qui n'existeront jamais, parce que leur princesse, elle dort pour toujours. Pendant que, nous, bizarrement, on continue à se lever tous les matins. Tous les matins. Irréductibles.

Je pense toujours à la Princesse, aussi étoile filante, la vie comme un météore, toujours, toujours. Je pleure encore tout le temps quand on en parle. Non, c'est pas drôle, que j'ai déjà dû dire. C'est pas drôle et c'est surtout pas juste.

Alors, bref, la planète n'a pas encore arrêté de tourner et on vit encore.

Il y a un an, je ne savais pas ce que je faisais ici. Je ne le sais pas plus. Je ne sais même pas ce que je cherche, mais je pense que je sais où je m'en vais. Je vise le Nord. Le Grand Nord. Avec des majuscules, du rouge, de l'italique et souligné à part de ça. Pourquoi?
J'ai besoin de voir ailleurs. Chercher le vent. Tu sais, Garçon, je pensais que j'aurais pu trouver ce que je cherchais dans tes yeux, vraiment. Mais, pour le moment, on dirait que t'as juste des roches, dans ces yeux-là. T'as l'air de tourner autant que moi, mais, toi, tu sais ce que tu veux et tu cherches pas. Je cherche, mais je sais pas ce que je cherche. Tu dis que je vais aller là-bas, trouver quelqu'un et lui faire du mal parce que je partirai. T'en sais quoi? Je vais peut-être aller là-bas et trouver toute ma vie en-dehors des gens que j'aime ici. Tu sais pas, je vais peut-être me retrouver avec une grande maison pleine de rires d'enfants, avec LE garçon, et un chien, puis on aura des vacances en famille pas du tout reposante dans le parc national de Kluane, mettons. Tu sais pas. Évidemment, je vais peut-être me faire tabasser par un connard dans une ruelle à Whitehorse et revenir complètement démolie. La beauté de la chose, c'est que ça pourrait arriver n'importe où. L'amour et les poings pourraient me tomber dessus à l'aéroport, ou à la veille de mon départ, n'importe où dans le monde et, surtout, n'importe quand.

Je ne sais pas ce que je cherche.
Je sais que j'ai envie d'aller ailleurs. Je veux de l'espace. J'étouffe.

...pis je veux peut-être de l'amour, aussi. Je fais des muffins comme si j'avais douze enfants. Je fais du pain, du yogourt. Quand je ne suis pas en train de courir après des nuages, la fin de semaine, je cuisine. Souvent seule le samedi soir. Je goûte. C'est bon. Mais ce serait encore meilleur s'il y avait quelqu'un d'autre pour goûter. Des enfants pour aimer ça, ou pour chigner.

En attendant ça, je cours comme une poule pas de tête. Le Nord, c'est beau, non? C'est froid, mais t'as juste à acheter de meilleures mitaines. C'est tout.

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22 avril 2010

Et si je m’ennuie de toi, je suis bien là-bas

C'est que la vie est différente, ici. Si loin, si proche, juste 340 kilomètres d'autoroute, loin du bout du monde...pourquoi c'qu'on aime le plus nous glisse entre les doigts? C'est que les moments durs frappent fort, ici. Ma petite soeur qui retient ce qu'elle a de plus précieux, qui lui a malgré tout déjà glissé entre les doigts, quelle connerie; la princesse dort pour toujours, mais pas dans les bras de maman, jamais dans les bras de maman. Je suis à côté d'elle et c'est trop loin. Je suis ici et je pense, je pense très très fort à elle, à cette petite vie qui aura à peine eu le temps d'éclore avant d'être ravagée par d'autres. L'injustice.
Je pense très très fort à elle, à elles.
Je voudrais les serrer dans mes bras, mais suis ici, alors que je voudrais autre chose. Je rêve d'une maison, d'un grand terrain, de chèvres, de poules et d'enfants qui courent et qui rient partout, même si j'ai peur que ce ne soit jamais les miens. Je suis clouée dans un drôle de décor, qui n'est pas le mien.

Je suis prise dans un mauvais film, un freakshow, je voudrais me réveiller, pas tant pour être ailleurs que pour revoir la petite qui est partie, qui était déjà tant désirée et tant aimée. Elle dit même si on n'en guérira jamais. Les choses que t'aime contre toi. Mais c'est quoi cette câlisse de connerie-là? Les autres, ils disent que la vie continue. Heille, fuck-shit-câlisse, t'as-tu idée du vide qu'il reste maintenant? Non, je ne pense pas. Je ne peux qu'apercevoir ce vide, l'effleurer et ça fait si mal que je me demande comment elle vit, ma soeur, avec ce coup de vide dans le ventre au lieu des coups de vie d'avant. L'espace est tout vide. Les jouets sont rangés. Les meubles aussi. En attendant un petit frère ou une petite soeur. Qui aura une grande soeur qui pourra voyager partout avec lui ou elle, qui pourra prendre de lui, de très haut, de très loin, mais il faut bien donner un sens à la poussière. Parce que je ne crois pas plus en Dieu, mais c'est bien trop dur de dire qu'il ne reste que des cendres.

C'est que la vie est différente, ici.
C'est qu'ici ou là-bas, la Terre tourne toujours.
C'est que les gens continuent à être cons, un peu partout.

Pourquoi c'qu'on aime le plus nous glisse entre les doigts?

Posté par ladyflash à 03:40 - Commentaires [0]
09 janvier 2010

viens donc lire des histoires de zombis avec moi

Je sais plus trop qui disait ça, mais il assimilait le bonheur à un plat de kraft diner avec des saucisses hot-dogs dedans. Je sais pas s'il avait raison, mais c'est vrai que ça du bien, comme une tonne de briques dans l'estomac au lieu d'une tonne de briques dans la tête. Je ris et je dis que ça ne fait rien, mais devant son appartement, je me suis surprise à regretter de ne pas justement avoir une tonne de briques dans mon sac, histoire de casser ses fenêtres. C'est comme ça. Pis, non, c'est vraiment une question d'amour ou de tendresse, c'est rien qu'une question d'orgueil, ça me fait chier, c'est pas parce que t'agis comme si tu étais disparu que t'as le droit de faire comme si moi j'existais pas. C'est aussi comme ça. Mais bon, c'est pas bien grave, je vais bien finir par me trouver un ami qui va vouloir manger des pâtes orange fluo pis des chips au ketchup avec moi, pis qui va vouloir venir se promener seins nus au bout de la route 138. Ça paraît que j'ai de l'ambition. En fait, c'est con, mais t'as même pas idée à quel point j'en ai, de l'ambition, et du talent, t'as même pas idée. C'est juste que mon talent pour me mettre les pieds dans les plats va parfois un peu à l'encontre de mon talent pour la vie, sans compter les multiples et banals paradoxes du quotidien.

J'ai fait du ménage dans mon appartement ce matin, je pense que j'ai dû sniffer pas mal de nettoyant parce que j'avais le goût d'écouter un film d'ado avec Hillary Duff ou n'importe quelle crap-actrice hot ces temps-ci pis de trouver ça super drôle. Dommage, je n'avais pas ça en stock entre Jarhead et Shawshank Redemption, à la place, il a encore fallu que je danse toute seule dans mon salon.

C'est bête, cette semaine, j'ai trouvé la chanson qui va jouer si je me marie un jour. Ça me fait tellement sourire que je fais des fucks à n'importe qui, n'importe quand, n'importe où en souriant. Eille, eille, un jour, là, je vais chanter sur le le bord de la mer en disant man, can we even get higher? et la vie va être belle. Quand on ne sera pas sur le bord de la mer, on va se rouler dans la neige ou dominer le monde au sommet d'une montagne. Parfois, parfois, quand dehors sera vraiment trop laid, on va se coucher sur le plancher du salon et regarder en l'air. Eille, check le nuage, on dirait un castor! T'es-tu folle? C'est évident que c'est la Grande Ourse, asshole. En mangeant des chips au ketchup pour célébrer les grandes occasions.

J'aimerais ça tout prendre en même temps, mais j'ai pas assez de main, j'aimerais ça tout voir en même temps, mais je suis ben trop myope, j'aimerais ça tout savoir, mais j'ai pas le cerveau assez gros, j'aimerais ça tout aimer passionnément, mais j'ai pas assez de coeur, j'aimerais tellement ça avoir le temps de tout penser et de tout dire, mais les chiffres sur le micro-ondes vont plus vite que moi. Je voudrais vivre à Iqaluit et aux îles Fidji en même temps, je voudrais être pilote d'avion et passer mes journées sur un voilier, je voudrais courir les pieds dans le sable et avoir les cils comme des glaçons, j'ai la tête dans les nuages et les deux pieds dans la glaise, je voudrais tellement faire plein de choses, c'est pour ça que je danse dans mon salon et je cours entre la chambre et le salon, c'est pour ça que je pars 800 kilomètres par semaine, même si ça ne compte pas vraiment parce que comme on dit the way back home always is the same, je pars 800 km par semaine pour courir plus vite que les idées noires, pour éviter les temps morts, je cours pour que mon coeur batte plus fort et plus vite, pour que je sois assez essoufflée pour me rappeler de respirer. J'aime ça, grimper, m'écorcher les mains et les cuisses en m'agrippant, j'aime ça arriver en-haut et sauter pour mieux redescendre. J'aime ça, tout ça, j'aime tellement ça que le jour où je ne saurai plus comment aimer tout ça, j'espère me souvenir comment on fait pour mourir à l'extérieur aussi.

C'est juste plate que je ne sache pas comment dire tout ça quand on me dit que j'aime rien. Hey toi, j'te connais pas, ta gueule, laisse-moi tranquille, j'aime tellement plein de choses et je pense que c'est toi qui ne comprend pas que la vie est fucking ailleurs qu'ici. Je te connais pas, t'as pas le droit de dire que j'aime rien et que j'ai pas de passion et que ma vie va être plate toute ma vie. Je te dis que j'ai le nez bouché, mais que je trouve que ça sent bon le citron, même si ça ne sent pas le citron. Je ne goûte rien, mais ça goûte bon pareil, les épinards, même si c'est du concombre. Je ne me suis pas sortie d'un trou noir pour trouver que tout pue et tout est plate. Je trouve que la vie ici est un peu triste, c'est pour ça que j'essaie de me sauver, je n'ai plus envie de prendre le temps d'être triste comme ça, de juste marcher comme un fantôme qu'on essuie d'un coup de chiffon. Avec du Hertel au citron.

Fait que viens donc lire des histoires de zombis avec moi, des histoires d'Irène qui montre ses jambes, des histoires d'ogres qui parlent en vers, des histoires de gars qui écoute des films pornos, des histoires d'un gars qui est homesick, viens donc monter mes montagnes pour mieux sauter en bas, viens donc avoir mal aux genoux après, viens donc sentir mes tendons qui craquent comme s'ils allaient éclater, viens donc manger des chips au ketchup pis me demander en mariage sur le bord de l'eau à Matane. Si t'es pas content, fais-le pas, mais farme ta crisse de grande gueule.

the first.

Posté par ladyflash à 17:57 - Commentaires [0]
01 janvier 2010

sleeping until the smoke clears.

Ou peut-être que oui. J'ai fini 2009 comme un cul, en espérant que la fille qui racontait plein de belles choses était un peu mêlée dans ses dates parce que j'aimerais ça pas avoir été dans le lit de son prince charmant, ou quelque chose du genre. Note à moi-même : prochaine fois que t'as envie de relations interpersonnelles, va t'acheter un pot de Ben & Jerry's et écoute Pushing Daisies. Ne pas laisser les autres nous toucher, ça reste peut-être le meilleur moyen de se blinder. Le prince de la fille, il disait j'ai de la difficulté à m'attacher, je n'avais rien dit. Juste pensé pis moi, je sais pas faire confiance aux gens pour pas me casser en morceaux. Je marche déjà dans des éclats de verre, les pieds déchirés à force de tourner en rond dans les morceaux cassés, j'ai mal dans les os, comme si c'était trop humide dehors. Alors je fais comme si je n'avais besoin de personne, même si, parfois, je voudrais bien être deux. It's nice to feel special sometimes. J'ai commencé 2010 défoncée et perdue, pass that 40 up, bonne année câlisse. Pas de rétrospective, sauf celles de la télé, pas d'introspections de minuit, j'ai déjà celles de mes nuits blanches, pas de souhaits, juste la vie, tsé, celle qui fait mal des fois, celle qui fait rire des fois et celle qui ne fait rien du tout des fois. Laisser les regrets et l'amertume aux autres, j'ai déjà assez de m'épuiser à courir plus vite que les idées noires. Dommage que ça ne fonctionne pas toujours. Drunk comme un lonesome cowboy, lourde comme si je pesais trois tonnes et l'esprit léger comme une plume, j'ai serré mes amis dans mes bras. J'ai encore les articulations lourdes d'alcool, je ne suis pas faite si forte, rite of passage.
Fais bouillir ta visite dans de l'eau de javel, c'est bon contre la H1N1. Mets pas tes doigts dans les prises électriques. Achète des crayons feutres. N'accepte pas les bonbons des étrangers. Marche dans le sens contraire de la circulation. Écoute pas tout ce qu'on dit.

N'oublie. pas. de. respirer.

Another year will pass us by.
Making sense of nothing, in defense of something.
I laughed too late and dug myself into a grave.
This year I'll try not to think too much.
This year I'll try to stand up for myself.
This year I'll live like I've never lived before,
this is my year for sure.
Another stupid clumsy story.
More accidental aspirations.
Another explosion of silence.

Posté par ladyflash à 23:07 - Commentaires [0]
16 décembre 2009

and our armor shines gold but no one's been sold

Je m'ennuie de mes partners in crime. Des nuits à ne pas dormir le long de la rivière. Être saoule de fatigue, m'endormir dans le parc après deux vodka-mandarine, tourner en rond pour m'étourdir.

Dimanche, j'aurais voulu être deux dans la tempête, juste qu'on se tienne au milieu des flocons, qui tombaient aussi fort que de la pluie, le temps d'être mouillés jusqu'aux os. Juste pour avoir une excuse pour rentrer et se mettre tout nus. Puis mettre nos pieds sur le calorifère en buvant un chocolat chaud. J'avais acheté du Camino samedi. Même de la cannelle. Mais j'étais toute seule dans la tempête, à attendre, comme une conne, à regarder les flocons danser et à ne pas réussir à les attraper avec ma langue. J'aurais voulu être deux dans la tempête pour attraper ta langue avec la mienne, pour enlever la neige de tes cheveux et fermer tes yeux avec mes pouces. Et mettre de la neige dans ton manteau.

À la place, j'ai fait ça toute seule. De la neige dans mon manteau.

Hier, je suis allée à la gare. Pour une fois, j'avais quelqu'un à récupérer, ça m'a fait tout drôle. De la voir, de la serrer dans mes bras. De réaliser combien elle me manquait, à 443 kilomètres de moi. Mon auto est tombée en panne. On a payé un taxi vingt-cinq piasses au lieu du CAA gratis, mais qui prenait deux heures. On a mangé de la poutine avec des hot-dogs. Pis on n'a pas assez dormi, alors j'étais un peu d'une humeur de cul au travail. Mais entre les quatre murs de mon cube en tapis, ça n'a pas changé grand chose.

Ce soir, j'ai encore compté les heures sur mes doigts et mes doigts pendant des heures. Ça passe les heures, au moins.

Posté par ladyflash à 03:50 - Commentaires [0]